Stage du 09 au 15 Juillet 2007 - INGRE (45140)
Intervenant : Angela SCHMIDT (Suisse)

 

Troisième du nom, le séminaire d’été à Ingré (Loiret) organisé par le GTO avec le partenariat du Canis Club d’Ingré, a rassemblé, outre les  "habitués"  du club local, des concurrents de tous horizons : la région parisienne, la Bresse, le Lot, la région lilloise, le Quercy, le Limousin  et de nombreux représentants de la région Centre.

Ainsi 42 stagiaires, répartis sur 2 modules de trois jours, ont bénéficié des conseils et de l’expérience d’Angela, notre amie helvète, ancienne compétitrice de haut niveau, juge d’obéissance et conductrice multi-disciplines.

Il est à noter la participation, aux 2 modules, de plusieurs présidents de club, désireux d’ouvrir une section « obé » et qui souhaitaient donc s’imprégner de l’esprit « obé » et débuter sur de bonnes bases.

 

C’est d’ailleurs l’un des thèmes majeurs développé par notre intervenante qui sans cesse a insisté sur l’importance des bases de l’obéissance : sans fondations solides, toute construction risque tôt ou tard de s’écrouler. A l’évidence, il apparaît illusoire d’entreprendre toute action d’apprentissage dès lors qu’un chien n’est pas au contact.

Le temps passé à acquérir des bases solides est autant de temps de gagné pour l’apprentissage.

Il en est de même de la condition physique et de la concentration du chien : ces deux paramètres, indissociables, doivent être mis en place de manière progressive si l’on veut agir dans la durée et sont d’une importance capitale pour stimuler la motivation : car sans motivation, le contact maître-chien est voué à l’échec !

Autre aspect théorique évoqué et qui manifestement a surpris de nombreux stagiaires : beaucoup de conducteurs pratiquent diverses disciplines canines, mais très peu sont capables de décoder les signaux d’alerte ou le langage de leur compagnon. Ainsi, votre animal, qu’il soit français, allemand, tchèque ou autre : sa manière de s’exprimer sera toujours la même. Mais êtes vous à même de dire : mon chien, comment ça fonctionne ? Cette question, souvent sans réponse, trouve cependant sa légitimité dès que l’on se réfère aux critères d’apprentissage de la discipline « obéissance » : rapidité et précision ! Si l’on veut tant soit peu rectifier ou modifier tel ou tel morceau d’exercice, encore faut-il au préalable être capable d’analyser telle ou telle attitude ou réaction de son chien !

 

Aussi, il serait utopique de penser qu’il existe des "recettes ou des trucs; l’objectif de ces 2 stages était, à cet égard, triple :

 

 

Sur le plan pratique, les stagiaires ont été invités à présenter leurs axes de travail habituel, Angela intervenant soit pour démontrer tel aspect particulier avec ou sans son chien "Turbo", soit en corrigeant directement le maître, le chien, voire les deux.

Le plus important, dans un premier temps, est d’adopter une expression corporelle adéquate qui aide le chien et ne le mette pas en doute que vous soyez de face, à côté ou loin de lui.

Rappelez vous : le chien n’est que le reflet de votre propre attitude, il ne peut pas se tromper.

Si l’exécution est mauvaise, c’est que votre enseignement n’a pas été compris, soit par manque de réflexion soit par précipitation ! Donnez à votre chien le temps de réfléchir et d’assimiler : ce qui veut dire, récompense adaptée et dans le "timing" plus action répétitive (500,1000 fois…).

 

Tous ont bien vite compris la problématique d’une motivation adaptée à chaque situation nouvelle : plus l’apprentissage s’avère minutieux plus la motivation doit être élevée pour capter l’attention du chien, quel que soit par la suite l’environnement rencontré.

Les exercices ont ainsi été décortiqués en une multitude de fragments : chacun d’entre eux devant être le siège d’une analyse précise sur la manière "d’opérer" en vue d’une assimilation progressive et harmonieuse, avec in fine une restitution parfaite de la part du chien.

 

Tous ont également intégré les notions de patience et de persévérance qu’il convient d’adopter en fonction bien sûr des objectifs que l’on se fixe ; il est cependant certain qu’un chien n’est capable de restituer à 99% que dans la mesure où l’apprentissage l’aura été à 300% !

Autrement dit : inutile de brûler les étapes car le temps consacré à un apprentissage progressif sera toujours plus court que celui perdu (et perpétuel !) consacré à "recoller les morceaux".

 

Stages donc très enrichissants, très novateurs, déstabilisants pour certains, très encourageants pour les organisateurs : j’en veux pour preuve plusieurs témoignages recueillis à postériori. Je cite une stagiaire du Nord :cela me réconcilie avec l’obéissance......vu tout ce que je dois travailler, ils ne sont pas prêts de me voir en concours…et encore cet autre stagiaire, sélectionné deux fois en équipe de France : après 3 jours de stage, convaincu à 100%  et quelques jours après à 300% .Remise en question totale de mon entraînement, devant moi 7 mois de travail pour arriver aux sélectifs avec 1 chien et 1 maître au top( en espérant que le maître y arrive !)

Ces témoignages confirment, si besoin était encore, que la politique de formation engagée par le GTO, en accord total avec la CUN, pour une ouverture vers l’extérieur, répond à une demande de plus en plus forte, à tous les niveaux .

Ils confortent également la récente décision de réfuter tout nivellement par le bas et d’inciter tout un chacun à une remise en cause permanente de soi, en s’orientant vers l’excellence pour refuser toute routine de complaisance.

 

Je tiens à remercier pour conclure d’une part Jean-Claude Bergevin, responsable du GTO pour sa présence lors du second module et d’autre part, le Canis club et son président Pierre Rouillon, de nous avoir permis d’organiser cette formation une fois encore (il y en aura d’autres !) dans des conditions de confort remarquables et fort appréciées par tous les stagiaires !

 

Daniel Rees,

Coordinateur de la région Centre-Bourgogne